Nos évènements

Vaccination : simplifier, informer et « aller-vers »

La vaccination peut aujourd’hui être réalisée par une variété de professionnels de santé en une variété de lieux. Le calendrier vaccinal a aussi été simplifié, reposant désormais sur des âges et moments clés. Parmi eux, l’adolescence représente un âge clé de prévention contre certaines infections. Alors que la France est encore en retard sur les objectifs mondiaux de couverture vaccinale, les campagnes en milieu scolaire pourraient changer la donne. Sensibilisation et accompagnement représentent plus que jamais des leviers clés.

Jamais il n’a été aussi simple de se faire vacciner. « Les pharmaciens, infirmiers, sage-femmes peuvent pratiquer cet acte : les populations cibles ne sont plus obligées d’attendre la proposition du médecin », constate le Pr Anne-Claude Crémieux, présidente de la Commission technique des vaccinations (CTV) de la Haute Autorité de santé, en introduisant la web-émission organisée par Pharmaceutiques le 14 octobre dernier (1). Mais l’appropriation passe aussi par une simplification du calendrier vaccinal. La vaccination antipneumococcique représente en ce sens l’exemple à ne pas suivre. « Les recommandations étaient associées à une liste de 15 facteurs de risque : pratiquement aucun médecin ne vaccinait ses patients, du fait de cette complexité ! rapporte l’infectiologue. L’extrême ciblage ne fonctionne pas ».

Pr Anne-Claude Crémieux, présidente de la
Commission technique des vaccinations
de la HAS

A l’inverse, l’approche « très rationnelle » consistant à « border le calendrier sur des âges ou des moments clés de la vie (comme la grossesse par exemple) est en train de s’installer. » Alors que les deux-tiers des personnes de plus de 65 ans présentent des comorbidités, cet âge est devenu clé pour un grand nombre de vaccins : contre la grippe et le Covid-19, mais aussi le pneumocoque et le zona.
Les jeunes (10-14 ans) sont aussi concernés, avec un rappel du vaccin DTP + coqueluche mais aussi les vaccinations contre le papillomavirus humain (HPV) et les méningocoques A, C, W, Y. Celles-ci ont aussi pour but « d’instaurer une immunité collective en coupant la circulation virale », note le Pr Crémieux. Elle prône toutefois la possibilité d’effectuer des « rattrapages » au-delà de la période cible, « pour éviter des pertes de chance ». Et plaide pour une mise à jour du calendrier « en fonction des besoins épidémiologiques, avec la suppression des vaccins qui n’ont plus d’utilité, l’introduction de ceux dont on a besoin et la simplification des schémas, en tenant compte des contraintes budgétaires. »

L’adolescence, un âge clé

La première table ronde de cette web-émission a justement été consacrée à la vaccination des adolescents. Alors que les collégiens bénéficient de l’immunisation contre le HPV depuis la rentrée 2023, la LFSS pour 2025 a instauré en milieu scolaire une campagne de vaccination combinée contre le HPV et les infections invasives à méningocoques. Une action liée à une recrudescence, depuis fin 2022 : « des infections rares mais graves, avec un risque de décès de 10 % et de séquelles invalidantes », rappelle le Dr Anne-Sophie Ronnaux-Baron, médecin de santé publique, responsable du pôle régional de veille sanitaire de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes. « Pouvoir anticiper les besoins liés aux nouvelles recommandations est nécessaire, car la production nécessite presque un an », rappelle Valérie Rizzi-Puéchal, directrice de la division vaccins de Pfizer France. Pour autant, « nos outils de production sont proches de la France, ce qui nous permet de réagir rapidement à une crise de santé publique ». Le laboratoire a ainsi été en mesure de mobiliser 500 000 doses au printemps dernier, face à l’augmentation des cas de méningite.
Par ailleurs, le HPV est encore responsable chaque année de 3 000 cas de cancers du col de l’utérus, et d’un millier de décès par an. Sans compter les cancers ORL, qui touchent aussi les hommes. Or « on est encore loin de l’objectif fixé par l’OMS d’une couverture à 80% », avec un taux de vaccination anti-HPV de seulement 61 % des femmes de plus de 15 ans et 46 % des hommes, insiste le Dr Ronnaux-Baron. « Les campagnes dans les collèges permettent d’augmenter ces couvertures… et de « faire du buzz » sur l’importance de la vaccination », estime-t-elle.

Des campagnes en milieu scolaire

Selon le Dr Stéphanie Jamier, médecin conseiller technique du directeur académique de l’Ille-et-Vilaine, et membre du Collège national des enseignants de la médecine scolaire, cette campagne a en effet déjà permis d’accroître le taux de couverture vaccinale de 10 à 20 points suivant les régions. « Cela permet non seulement d’en parler, mais aussi peut-être de faciliter l’acte dans les déserts médicaux », note-t-elle. Le bilan des enfants réalisé par les infirmières scolaires en classe de 6e peut être une bonne occasion pour sensibiliser.
Dans les collèges, les campagnes sont co-organisées par les ARS et l’Education nationale. « Nous mobilisons des équipes mobiles comprenant au moins un médecin ou une sage-femme », précise Anne-Sophie Ronnaux-Baron. « Ces campagnes nécessitent un gros effort logistique ! témoigne Stéphanie Jamier. Une bonne organisation peut faciliter le déroulement. » Les enseignants de l’établissement sont sensibilisés à l’opération, et ont à leur disposition des kits pédagogiques pour parler de la vaccination en classe. L’un des écueils rencontrés est que l’autorisation des deux parents est nécessaire pour que l’enfant puisse être vacciné… pas toujours simple dans les familles recomposées. Autre frein : ces campagnes ne sont pas obligatoires dans les établissements privés. « Mais dans mon département, 100 % jouent le jeu », assure Stéphanie Jamier.

Mobiliser tous les canaux de sensibilisation

 « Les adolescents et jeunes adultes sont une cible particulièrement complexe à mobiliser, reconnaît Valérie Rizzi-Puéchal. Les parents concentrent leur attention sur les vaccins de la petite enfance mais sont moins au fait sur les recommandations à l’adolescence. Il est essentiel de les informer aussi. » En amont de la campagne au collège qui démarre effectivement en janvier, l’ARS AURA organise des webinaires d’information à destination des parents et des personnels scolaires, indique Anne-Sophie Ronnaux-Barron. « Sur les réseaux, nous travaillons avec des influenceurs soigneusement sélectionnés ». La communauté lyonnaise est par ailleurs bien mobilisée, avec l’initiative Immuniser Lyon, lancée en 2015, ou encore, créé plus récemment, le programme Déclic’Santé, qui vise à amener la prévention dans les quartiers prioritaires de la métropole.
« Parents, soignants, enseignants : nous devons tous être en alliance pour aider nos adolescents », renchérit le Dr Laure Geisler, médecin généraliste et fondatrice du média indépendant Le Cœur Net. La curiosité des jeunes est selon elle une opportunité. « Ils ne sont pas hostiles, mais peu sensibilisés : selon un sondage récent, seuls 14 % des jeunes adultes se sentent « concernés » par la méningite, alors que les 15-25 ans font partie des plus touchés. » L’enjeu est de pouvoir atteindre ceux qui ne sont pas déjà sensibilisés aux sujets médicaux via les réseaux sociaux. « Il faut saisir toutes les occasions possibles d’informer et de répondre à leurs questions. » Et s’il n’est pas évident de les mobiliser sur des pathologies qui « pourraient survenir plus tard », ils peuvent, selon elle, être plus réceptifs à l’argument de la protection d’autrui. « Les adolescents et jeunes adultes ne répondent pas aux mêmes outils de communication », souligne Valérie Rizzi-Puéchal. Pour les sensibiliser, « il faut être présent là où ils sont : dans les établissements d’enseignement, et sur les réseaux. » Et également en pharmacie, un lieu que plus de 80 % des jeunes adultes sont amenés à fréquenter. « Les pharmaciens sont des acteurs sur lesquels nous devons nous appuyer ». Selon elle, la facilité d’accès à la vaccination est aussi un levier majeur à actionner. Alors que vient de paraître le décret autorisant les médecins, infirmiers et sage-femmes à stocker les sérums contre la grippe et le Covid-19 sur leur lieu d’exercice, « pourquoi ne pas étendre cette possibilité aux vaccins anti-HPV et méningocoque ? », suggère la représentante industrielle. Une mesure déjà préconisée par le Conseil national de l’Ordre des médecins.

Julie Wierzbicki

(1) Web-émission ˝La prévention à tous les âges˝ organisée avec le soutien institutionnel de GSK et Pfizer


tags

Partage

Sur le même thème :

close

Contact Abonnements

Pour les abonnements de GROUPE ou individuel JOURNALISTE/ÉDITEUR/ÉTUDIANT/DEMANDEUR D'EMPLOI/RETRAITÉ, veuillez nous consulter afin d’avoir un devis personnalisé.

Par téléphone au 01 40 92 70 58

pharmaceutiques_illustrations_telephone

Du lundi au vendredi de 9h30 à 13h00
et de 14h00 à 17h00

Par mail

pharmaceutiques_illustrations_email
close

Contact Abonnements

Pour les abonnements de GROUPE, veuillez nous consulter afin d’avoir un devis personnalisé.

Par téléphone au 01 40 92 70 58

pharmaceutiques_illustrations_telephone

Du lundi au vendredi de 9h30 à 13h00
et de 14h00 à 17h00

Par mail

pharmaceutiques_illustrations_email
close

Contact Abonnements

Pour les abonnements de GROUPE, veuillez nous consulter afin d’avoir un devis personnalisé.

Par téléphone au 01 40 92 70 58

pharmaceutiques_illustrations_telephone

Du lundi au vendredi de 9h30 à 13h00
et de 14h00 à 17h00

Par mail

pharmaceutiques_illustrations_email
close

Contact Abonnements

Pour les abonnements de GROUPE ou individuel JOURNALISTE/ÉDITEUR/ÉTUDIANT/DEMANDEUR D'EMPLOI/RETRAITÉ, veuillez nous consulter afin d’avoir un devis personnalisé.

Par mail

pharmaceutiques_illustrations_email
close

Formulaire incomplet :

Revenir sur le formulaire

Votre demande à bien été envoyée

L'équipe Pharmaceutiques s'engage à revenir vers vous dans un délai de 24h.

Retourner sur le site

Merci de l'intérêt que vous portez à Pharmaceutiques.

Votre demande à bien été transmise à l’équipe Pharmaceutiques.

Après acceptation de votre demande d’inscription, vous recevrez un mail de confirmation dans un délai de 24h.

Retourner sur le site

Votre demande d'essai pour une période de 7 jours a bien été prise en compte !

Rendez-vous le matin à 8h30 dans votre boîte mail.

Retourner sur le site

Votre demande d'information partenariat à bien été transmise.

L'équipe Pharmaceutiques s'engage à revenir vers vous dans un délai de 24h.

Retourner sur le site
close

Identification

Inscription

Entrez votre adresse email pour commencer :

 

Compte existant

Un compte existe déjà avec l'adresse .

Vous pouvez mettre à jour votre mot de passe ou vous identifier directement.

Vérification email

Par mesure de sécurité, un code de vérification a été envoyé à .

Merci de saisir ce code pour confirmer que cette adresse vous appartient.

 

Créer votre compte

Email vérifié pour .

Choisissez un mot de passe pour créer votre compte :

  • 8 caractères
  • 1 Majuscule
  • 1 Minuscule
  • 1 chiffre
  • 1 Caractère spécial
 

Compte créé !

Bienvenue ! Votre compte a été créé avec succès.
Vous êtes maintenant connecté(e).

close

Notification